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Côte d'ivoire, arrêter la spirale
de la haine
Les élections présidentielles du 22 octobre ont eu
lieu dans un contexte inacceptable sur le plan des droits humains et des
droits politiques: Laurent Gbagbo a pris le pouvoir sur la base de l'ethnicisme
et de la xénophobie.
- 14 candidats sur 19 ont été déclaré inéligibles dont le Président du
Rassemblement des Républicains (RDR) Mr. Alassane Ouattara
- Disparitions, tortures et emprisonnements arbitraires deviennent monnaie
courante: Amnesty international a dénoncé 28 cas de tortures et au moins
un décès. Des atteintes caractérisés aux droits de l'homme: plusieurs
journalistes passés à tabac, perquisitions sans mandats, interdiction
à des dirigeants politiques de sortir du pays...
- utilisation et instrumentalisation du concept d'ivoirité avec ses conséquences
racistes et xénophobes, notamment après l'élection avec ratonnades dans
les rues d'Abidjan et charniers découverts peu après.
La crise en Côte d'Ivoire ne concerne pas seulement le peuple ivoirien.
Elle a une dimension régionale; elle risque de déstabiliser le Burkina-Faso.,
la Guinée, le Mali. En Guinée, en ce moment même, l'opposant Alpha Condé
a été condamné à 5 ans de prison pour la même raison que Alassane Ouattarra
a été déclaré inéligible: l'empêcher de se présenter aux élections présidentielles.
En Guinée comme en Côte d'Ivoire, le pouvoir utilise l'ethnicisme pour
se débarrasser de ses concurrents. Au delà elle concerne toute l'Afrique
en se conjuguant avec les autres crises comme celle des Grands lacs, de
l'Afrique australe, du Congo-Brazza ou de la corne de l'Afrique.
Lorsque le 24/ 12 / 99 le général Robert Guei a pris le pouvoir au nom
du Conseil National de Salut Public, il a laissé croire qu'il rompait
avec l'ère Bédié et le concept d'ivoirité. Robert Guei a fait du Bédié
sans Bédié. Il a attisé la xénophobie, le racisme, l'exclusion pour des
raisons politiciennes, pour se débarrasser de ses rivaux et notamment
d'Alassane Ouattara L'ivoirité c'est la xénophobie, le tribalisme, l'ethnicisme,
c'est un poison qui se répand dans toute la société.
Déjà en 1999, un simple conflit foncier entre 2 familles de paysans à
Tabou s'est transformé en un conflit ethnique avec comme conséquences
plusieurs centaines de morts et des milliers de réfugiés fuyant au Burkina
Faso. La Côte d'Ivoire est entourée de cinq pays. De tout temps les populations
se sont déplacés par-delà les frontières instaurées depuis l'ère coloniale
dans l'ancien empire du Mali. Ces populations se sont toujours mélangées.
Ceux qui réécrivent l'histoire au nom de l'ivoirité en dénonçant les faux
ivoiriens, les burkinabés, les maliens, traitant les musulmans de délinquants
sont des criminels qui poussent la population au génocide. Nous les déclarons
responsables et coupables des futurs massacres. Le Parti socialiste français
et l'Internationale socialiste se sont solidarisés du Front Populaire
Ivoirien et de son président Laurent Gbagbo. Ce parti a participé à l'élection
présidentielle et a tout le long de la campagne cautionné le concept d'ivoirité.
Dés le lendemain du vote ses militants alliés aux forces de la gendarmerie
ont effectué des ratonnades qui se sont traduites par des dizaines de
morts. Dans le même temps Guy Laberti délégué Afrique du PS était au côté
de Laurent Gbagbo tandis que Michel Rocard annonçait dans un colloque
du PS la victoire de l'insurrection à caractère ethnique du FPI présenté
comme un remake de la révolte anti-Milosevic.
Aujourd'hui effrayées par le spectre de la guerre civile, les forces politiques
ivoiriennes tentent d'arriver à un compromis. Il faut tout faire pour
favoriser ce compromis. Les acteurs politiques et les représentants de
la société civile doivent redéfinir des règles du jeu politique en vigueur.
Les bases en sont claires:
- Les élections législatives de décembre doivent avoir lieu en présence
d'observateurs impartiaux de la communauté internationale garantissant
transparence et équité
- Tous les candidats doivent pouvoir se présenter dans des conditions
d'égalité et se représenter dans une prochaine élection présidentielle
organisée après les législatives. Celles du 22 octobre ne peuvent être
reconnues comme légales.
- Il faut geler les avoirs de Bédié et de ses complices en France, en
Suisse et ailleurs et restituer au peuple ivoirien les millions volés.
Au delà la communauté internationale et notamment l'Union Européenne doivent
investir massivement en termes d'aides financières pour soutenir un processus
de réconciliation nationale contre le racisme et la xénophobie. L'enjeu
est clair: nous ne devons pas laisser perpétuer au nom de l'ivoirité un
second Rwanda, une nouvelle Sierra Léone ou un nouveau Libéria.
La France et la communauté internationale doivent refuser le statut quo
actuel fondé sur la xénophobie.
Patrick Farbiaz
Transnational n°8
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Brèves du n°8 (décembre
2000)
CAMEROUN : Jean Nke-Ndih, le président des Verts camerounais
(Défense de l'Environnement Camerounais) a publié le 17 novembre dans
le principal journal d'opposition (le Messager) un article retentissant
où il révélait le mensonge du pouvoir qui disait qu'une centaine de cadavres
découverts dans un charnier à Douala venaient de la morgue de l'hôpital
de cette ville. Au contraire, Jean Nke-Ndih, tout comme l'archevêque de
la ville, Mgr Tumi, identifiait ces corps comme ceux de victimes du "
Commandement opérationnel " une unité de lutte contre le banditisme qui
mérite mieux le nom d' "escadron de la mort ". Sachant les méthodes expéditives
de la dictature camerounaise, les Verts français, européens et allemands
ont immédiatement prévenu le président Biya et le gouvernement qu'ils
les tenaient pour responsables de la sécurité de Jean Nke-Ndih, et c'est
escorté jusqu'à l'intérieur de l'avion par l'ambassadeur d'Allemagne mandaté
par Joschka Fischer que Jean Nke-Ndih a pu venir se mettre quelque temps
à l'abri en Europe.
C.F.
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Corne de l'Afrique
: la faim, encore…
Etrange contraste : d'un côté la liesse indescriptible
qui a accueilli à Addis Abbeba l'annonce de médailles d'or aux jeux Olympiques
pour les athlètes éthiopiens : Gezaghne Abera pour le marathon olympique,
Millon Wolde pour le 5000 mètres, et surtout Derartu Tulu et Gete Wami
au 10000m dames, médailles d'or et d'argent. De l'autre côté, de nouvelles
campagnes de sensibilisation des organismes humanitaires pour pallier
la malnutrition qui sévit dans tout le sud et l'est du pays. Les pluies
saisonnières y sont réduites depuis trois années consécutives. Certaines
zones se désertifient rapidement, la production agricole atteint à peine
la moitié des besoins, et la malnutrition fait déjà rage depuis des mois.
Et aucun véritable programme de sauvetage durable pour cette région n'est
mis en place.
L'Ethiopie ne figure pas sur la liste prioritaire des candidats à l'annulation
de la dette. Elle figure par contre en tête de liste des rapports d'organisation
de défense pour la liberté d'expression comme la plus grande prison du
continent pour les journalistes.
L'Ethiopie a combattu son voisin érythréen de mai 1998 à juin 2000. Le
cessez-le feu intervenu le 16 juin dernier a permis le retour des organismes
d'aide, empêchés d'agir sur une zone s'étendant aux cinq pays limitrophes,
tous concernés par les conséquences des modifications climatiques sur
leur production alimentaire. Mais tous sont conscients des vives contradictions
qui sont à l'œuvre dans ce pays : Sylvie Brunel, conseillère stratégique
d'Action Contre la Faim et coordinatrice de l'édition 2001 du 3ème rapport
intitulé "Géopolitique de la faim", qu'elle présentait jeudi 5 octobre,
expliquait les phénomènes de "mise en scène de la famine", de "mise en
accusation de la communauté internationale" et de "surenchère des chiffres".
Tout comme d'autres ONG qui luttent pour conserver leur indépendance,
elle remarque "la création des conditions nécessaires à ce que la famine
perdure" : "le but est d'essayer de nous faire venir (...) pour alimenter
un effort de guerre".
Transnational n° 7
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Brèves du n° 7 (octobre
2000)
Abidjan (Côte d'Ivoire) 18/9/2000 : la xénophobie
La résidence du général Robert Gueï a été attaquée par des assaillants
non identifiés. La guerre civile menace de se déclencher si les politiciens
ne trouvent pas d'issue à la crise politique ouverte depuis que le général
candidat, droit dans ses bottes, a introduit la notion d'ivoirité dans
la Constitution pour interdire à son principal opposant, Alassane Ouattara
de se présenter comme candidat à l'élection présidentielle.
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BURKINA-FASO :
vers l'alternative démocratique ?
Jean-Michel Marchand, président du groupe d'amitié
France-Burkina à l'Assemblée, ainsi que Patrick Farbiaz et Noël Mamère,
ont rencontré le COFANZO, collectif d'opposition radicale burkinabé, début
mai. Le groupe de travail Afrique des Verts a également reçu le 5 juin
ce comité, qui voudrait que les Verts partagent sa critique de la présence
de deux ministres Verts, dont Ram Ouédraogo, au gouvernement burkinabé.
Pour le COFANZO, ils cautionnent le régime de Blaise Compaoré sans perspective
d'alternance. Patrick Farbiaz n'est pas loin de partager leur avis.
Constantin Fedorovsky a rencontré Ram Ouedraogo, Ministre d'Etat du Burkina,
le 12 mai. Ram Ouédraogo est entré au gouvernement en novembre 1999, alors
que le pays vivait depuis un an une grave crise politique suite à l'assassinat
du journaliste Norbert Zongo. Sa motivation est principalement d'éviter
une guerre civile au Burkina, et sa stratégie l'instauration d'une démocratie
débouchant sur l'alternance.
Il vient de réussir le très difficile pari de mettre fin à deux années
de dialogue rompu et d'anathèmes entre Blaise Compaoré et le "Collectif
des Partis et organisations de masse" réussissant à les faire se rencontrer
officiellement à deux reprises le 9 puis le 27 mai. Le collectif se fissure
et les deux camps semblent chercher une porte de sortie. Pour Ram, Compaoré
a dû concéder, sous la pression, de grandes avancées démocratiques, qui
répondent presque complètement aux recommandations des Verts et du Comité
des Sages : élections proportionnelles selon le système allemand, instauration
d'un quinquennat renouvelable une seule fois, financement public des partis,
statut de l'opposition, indépendance réelle de la Commission électorale,
réforme de la justice, mise en place d'une Commission pour la réconciliation
nationale portant sur la réparation des crimes politiques et économiques
depuis 1960 (75 % ont eu lieu sous Blaise Compaoré), dont Ram préside
le Comité de mise en oeuvre. Celui-ci a recommandé et obtenu du gouvernement
des mesures telles que : la prise de contact avec les familles des personnes
disparues ou décédées en vue des mesures d'apaisement nécessaires ; l'incitation
au retour des exilés volontaires ; l'application stricte des textes régissant
les marchés publics ; la reprise du dialogue entre les partis politiques
; l'érection d'un mausolée à la mémoire de Thomas Sankara... Ram Ouédraogo
a précisé que la "fusillade" dénoncée par le COFANZO le 8 avril contre
une manifestation de l'opposition radicale, n'était en fait qu'un tir
de grenades lacrymogènes au moment où les manifestants voulaient dépasser
le point d'arrêt de cette manifestation autorisée pour se diriger vers
la présidence. Ram Ouédraogo connaît mieux que quiconque les crimes de
Blaise Compaoré et veut son départ. Mais il n'est pas dupe des opposants
aujourd'hui virulents dont bon nombre on collaboré avec Compaoré.
Une stature de sage
Sa stratégie est celle de l'instauration d'une vie démocratique apaisée,
passant par les réformes susdites, par des élections législatives libres
cette année, et par une pacification des esprits qui puisse rassurer Compaoré
et l'inciter à se retirer "dans son ranch" dès 2005. Pour Ram, il n'y
a pas d'alternative : s'il n'est pas sécurisé, Blaise tentera de garder
le pouvoir par tous les moyens, y compris violents, et c'est ce à quoi
conduisait la stratégie "révolutionnaire" des opposants radicaux. D'après
les nombreuses coupures de presse apportées puis régulièrement envoyées
par Ram, celui-ci semble acquérir de plus en plus une stature de "sage"
au Burkina.
Constantin Fédérovsky
Transnational n° 6
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SOUDAN :
La guerre oubliée de la dictature soudanaise
Au hit-parade des conflits meurtriers, le Soudan
ne fait pas recette. Pourtant le récent rapport d'Amnesty International
sur la situation dans ce pays renvoie à une réalité cruelle qu'il convient
de rappeler. Depuis l'indépendance de 1956, "la plus longue guerre d'Afrique"
oppose la majorité arabo-musulmane du Nord accaparant le pouvoir à la
minorité noire chrétienne et animiste du Sud. Malgré une accalmie pacifique
de 1972 à 1983, elle a provoqué deux millions de morts, surtout des
civils, et cinq millions de déplacés, les famines résultant de la sécheresse
étant instrumentalisées par les deux camps pour piller l'aide internationale.
Depuis le coup d'Etat de 1989, un régime militaire dirigé par le
général Omar el Béchir, mais placé sous la houlette de l'islamiste intégriste
Hassan Tourabi, a relancé le conflit par l'application de la "charia"
et d'une "djihad" visant à l'arabisation et à l'islamisation de l'ensemble
du pays, provoquant la rebellion des Noubas des montagnes, des Ingessanas
des collines, et des Béjas de l'Est en sus de l'opposition sudiste.
Malgré le toilettage introduit par la Constition de 1998, le Soudan
est une dictature : les libertés publiques ont été réduites à la portion
congrue, les partis politiques de facto interdits, à l'exception du
Congrès National, ex-Front National Islamique de Tourabi ; détention
arbitraire et tortures sont le lot des opposants ; des millions de déplacés
vivent dans des camps, contraints à l'islamisation forcée ; étudiants
voire enfants sont enrôlés de force dans l'armée régulière et ses supplétifs
de la "Force de défense populaire" qui opèrent des razzias chez les
populations Dinka et Jur du Sud, massacrant les hommes, brûlant les
villages, pillant cheptel et récoltes, emmenant femmes et enfants en
esclavage. Le conflit s'est encore aggravé avec la découverte et la
mise en exploitation récente de fabuleux gisements pétrolifères situés
au Sud, pour le contrôle desquels se battent aussi les forces de l'opposition,
unie au sein de l'Alliance Nationale Démocratique (AND) et de son fer
de lance militaire, l'Armée Populaire de Libération Nationale (APLS)
de John Garang. Amnesty International dresse le tableau : déplacements
forcés, incendie des récoltes, bombardements aériens, mitraillages de
villages, homicides illégaux, actes de torture, viols et enlèvements
sont pratiqués du coté gouvernemental où femmes et enfants survivants
sont "cloués aux arbres". Exécutions de civils, viols, enlèvements,
incendie de fermes sont pratiqués par la rebellion sudiste. Cette situation
a amené l'Union Européenne a suspendre sa coopération avec le Soudan.
Par son coup de force de décembre 1999, dissolvant le Parlement-croupion,
instituant l'état d'urgence, le général el Béchir a privé son ex-mentor
Tourabi de tout pouvoir. Le contrôle du pouvoir et des richesses semble
lui importer plus encore que la guerre sainte, alors que les dépenses
militaires (un million de dollars par jour !) ruinent le pays.
Au niveau international, l'orientation islamiste militante du régime
soudanais lui a valu les foudres des Etats-Unis, qui ont décrété un
embargo unilatéral en novembre 1997, et ont bombardé une usine de Khartoum,
en même temps qu'un site d'Afghanistan en juillet 1998, suite aux attentats
contre ses ambassades de Naironi et Dar-Es-Salaam. Les Verts ont dénoncé
le rôle de pompier pyromane des Etats-Unis, qui alimentent le terrorisme
islamiste par leur soutien à Israël alors que le processus de paix est
enlisé, et qui ont soutenu le Pakistan et l'Arabie Saoudite dans la
mise en place du régime Taliban d'Afghanistan.
Au niveau régional, le régime de Khartoum est en conflit avec ses voisins
de l'Erythrée et de l'Ouganda, lesquels soutiennent l'AND, cependant
que lui-même soutient leurs oppositions respectives, notamment la sinistre
"Armée de libération du Seigneur" ougandaise. L'Ouganda et l'Erythrée
jouissant, ainsi que le Rwanda, d'un soutien américain, le régime soudanais
est de longue date dans les meilleurs termes avec la France, peu regardante
sur ses violations des droits de l'Homme, et avec ses alliés régionaux
: Tchad, Centrafrique et surtout le Congo de Laurent-Désiré Kabila,
lui-même soutenu par une vaste coalition africaine et par les restes
de l'armée génocidaire rwandaise, face à une rebellion appuyée par l'Ouganda
et le Rwanda. Le régime soudanais contribue ainsi puissamment à l'insécurité
régionale.
Les Verts soutiennent le processus de paix engagé sous l'égide de l'IGAD
(Autorité Inter Gouvernementale pour le Développement), qui regroupe
leKenya, l'Ouganda, l'Ethiopie et l'Erythrée, et bénéficie du soutien
de l'ONU et de l'Union Européenne. La déclaration de principes de l'IGAD
plaide en faveur d'un Soudan laïc et démocratique, et à défaut pour
une auto-détermination du Sud-Soudan pouvant aller jusqu'à l'indépendance,
principes auxquels adhère également l'AND. Le régime soudanais lui-même
a signé le 6 mai 1998 à Nairobi un accord avec l'opposition reconnaissant
le droit à l'autodétermination et le pluralisme politique. Une issue
négociée, passant par un cessez-le-feu bilatéral, est donc théoriquement
possible, pour peu que suffisamment de pressions internationales s'exercent.
Dans ce contexte, la France peut jouer un rôle de premier plan. C'est
pourquoi les Verts appellent les autorités françaises à user de leurs
bonnes relations avec le régime de Karthoum pour l'amener, en se montrant
plus fermes que jadis, à respecter ses propres engagements en faveur
de la démocratie et des droits de l'Homme -ce qui lui permettrait de
réintégrer de plein pied la communauté internationale, notamment les
accords de Lomé.
Les Verts regrettent également la présence de sociétés françaises au
Soudan, comme Total-Fina-Elf, qui renforcent la capacité du gouvernement
à acheter des armes avec la richesse nouvelle tirée du pétrole.
Transnational n° 6
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MERCENAIRES
: HALTE-LA !
Campagne pour la ratification de la convention internationale
contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction
des mercenaires.
François-Xavier Verschave l'a déjà souligné. Il est impossible de s'attaquer
de front au système politico-mafieux de la Françafrique, dont les réseaux
vont jusque dans les coulisses de l'Elysée. Il est nécessaire, pour être
efficace, de frapper de biais, sur les bouts qui dépassent, les branches
qui permettent, petit à petit, de découvrir le tronc. A cet égard, les
scandales liés à ELF ont permis de s'attaquer et de découvrir les zones
d'ombres des compagnies pétrolières, notamment le rôle peu ragoûtant qu'ils
peuvent jouer sur la scène politique africaine, faisant et défaisant les
gouvernements, pour le plus grand bénéfice des réseaux français.
Cette campagne contre le mercenariat, lancée par l'association SURVIE,
relève de la même problématique de l'attaque par le biais. Loin d'être
les courageux baroudeurs souvent présentés par certains médias, les mercenaires
sont généralement des criminels aux idées racistes et fascisantes à qui
des Etats ou des compagnies font appel pour des opérations armées inavouables.
La France a été la première à les utiliser sur le continent africain.
Ce phénomène lui a permis, et permet donc à d'autres pays, de réduire
l'interventionnisme officiel tout en le développant en sous-main. Ils
pouvaient s'absoudre des crimes de leurs sous-traitant et afficher leur
haute moralité. Dans les premiers temps, ces mercenaires étaient en contacts
directs avec les services spéciaux de leur pays : Bob Denard pouvaient
se revendiquer à "bon droit" d'être un "corsaire de la République". Le
dernier exemple en date pour la France est l'utilisation de mercenaires
serbes au passé sanglant dans le conflit zaïrois, puis congolais. Depuis
quelques temps, on assiste à une véritable privatisation de la guerre,
par la création d'entreprises puissantes, à vocation multinationale, vendant
aussi bien des hommes que des renseignements, des armes que des moyens
de communication. Executive Outcomes (RSA), MPRI, Armor Holding (USA),
Vinnel Corporation (Grande-Bretagne), Levdan (Israël), Geos, Africa Security,
Securance (France) sont quelques une de ces sociétés transformant "l'enjeu
politique de la paix civile en enjeu commercial ouvert à la concurrence",
selon le mot de Jean-François Bayard. SURVIE prévient : "en l'absence
d'une législation internationale contraignante interdisant les activités
mercenaires, la fuite en avant dans ce champ d'activité est une certitude".
Malgré des demandes de parlementaires, le gouvernement français rechigne
toujours à ratifier la convention contre le mercenariat, écrite il y a
vingt ans. L'appel de SURVIE pour que la France signe et utilise son influence
diplomatique pour étendre le nombre de ratifications nécessaire n'est
certes pas la réponse miracle. Mais il s'agit du "premier pas nécessaire
vers la criminalisation internationale du mercenariat et la disqualification
politique de ceux qui en profitent pour masquer leurs responsabilités".
Les cartes à envoyer à l'Elysée, à Matignon ou à son député sont disponibles
à :
SURVIE 57 avenue du Maine 75014 PARIS
tél : 01 43 27 03 25 ; fax : 01 43 20 55 58
Site : www.globenet.org/survie/
E-mail : survie@globenet.org
Eric Simon, assistant de Didier-Claude Rod au Parlement européen
Transnational n° 6
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Colloque :
"contre l'Apartheid sanitaire en Afrique"
Alors que se tenait l'Assemblée générale de l'OMS,
une semaine auparavant, à Genève, et en prévision de la Rencontre Internationale
contre le Sida, à Durban, du 9 au 14 juillet, les Députés Verts Noël Mamère
et Didier-Claude Rod, aidés du Groupe Afrique de la Commission Transnationale
des Verts ont organisé un colloque «contre l'apartheid sanitaire en Afrique»
à l'Assemblée nationale, le lundi 22 mai dernier.
Bien que n'ayant pas réussi à mobiliser les foules, cette rencontre a
permis de sensibiliser les acteurs principaux de ce secteurs (associatifs
et industriels). Le Dr Yves Juillet, du syndicat national des industries
pharmaceutiques est venu exposer sa politique pharmaceutique. Ce qui n'a
pas semblé convaincre les représentants d'Act-up, qui ne se sont pas privés
de le lui faire comprendre. La question des importation parallèles, des
licences obligatoires et de la baisse des prix des médicaments a été expliquée
par Bernard Pécoul, de MSF, pour qui cette question est essentielle et
est l'enjeu d'une campagne menée depuis plusieurs mois par Agir ici, Act-up
et bien d'autres associations présentes au colloque. La situation sanitaire,
autant que politique, en Afrique, a largement été abordée par des associations
aussi diverse que l'Observatoire de la Mondialisation (Vincent Espagne),
Survie (François-Xavier Verschave), AIDES, PIMED, REMED, MEDAF et des
personnalités telles que le Dr Jean-Paul Louis, du Ministère délégué à
la Coopération et à la Francophonie, ou Jean-Pierre Berlan (directeur
de recherches à l'INRA), venu parler des dangers de la brevetabilité du
vivant, à l'heure où la brevetabilité du génome humain défie la chronique.
En conclusion, la question du développement de la pharmacopée traditionnelle
a brillamment été exposée par le Dr Pierre Tubéry, membre de la commission
Santé des Verts, et un appel à la solidarité et à la vigilance a été lancé
par Marie-Line Ramackers, de l'association Agir ici, et par Stéphane Pocrain,
porte-parole national des Verts.
Les actes de ce colloque seront disponibles très bientôt.
Pour toute information, merci de contacter Eléonore Bassop au 01 40 63
98 55.
Transnational n° 6
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Brèves du
n° 6 (août 2000)
Mort énigmatique
de Jacques Monnot
Vert de la région Centre depuis 1998, Jacques Monnot est mort depuis fin
mars. Les circonstances de sa mort paraissent quelque peu mystérieuses,
son corps n'a été retrouvé que plusieurs jours après son décès dans l'appartement
où il vivait, solitaire et sans famille.
Avec cette disparition, le Groupe de Travail Afrique des Verts perd un
militant engagé qui aura consacré beaucoup de son temps au drame du Sud-Soudan.
Écrivain de son état, Jacques Monnot a publié deux ouvrages ; le dernier
en date, "le Génocide du Sud-Soudan" est paru chez l'Harmattan. Paix à
son âme.
Ruffin Mpaka
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Brèves du
n° 5 (juin 2000)
Soudan
22 mai : Les Verts ont adopté une position officielle sur le Soudan pour
soutenir le processus de paix engagé sous l'égide de l'IGAD.
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DETTE MORTELLE
Lors du débat au Parlement Européen à Strasbourg
sur les résultats du sommet "Union Européenne - Afrique", des 3 et 4 avril
au Caire, Didier Claude ROD, député européen vert, est intervenu dans
les termes qui suivent :
Chers collègues,
Cette rencontre avait suscité beaucoup d'espoir de la part des pays
africains, qui espéraient une annulation de leurs dettes. A cela,
l'Europe a répondu qu' "aller dans le sens d'une annulation complète
de la dette serait bien au-dessus de [ses] propres moyens". Nous affirmons
au contraire la nécessité politique de rééquilibrer les rapports entre
Afrique et UE. Après avoir très largement pillé les ressources naturelles
africaines, ce que nous continuons d'ailleurs à faire, nous devons annuler
notre dette vis-à-vis de leur Histoire en annulant leurs dettes vis-à-vis
de nos banques. Ceci permettrait de poursuivre nos rapports sur des bases
saines.
Et puis, il faut que les pays membres cessent de se mentir. Nous
demandons aux pays africains de respecter des principes démocratiques,
mais nous perpétuons des pratiques anti-démocratiques pour assurer nos
intérêts financiers, à l'image du rôle d'Elf ou de Total dans certains
pays. Nous intimons aux pays africains d'assurer la pluralité des partis
politiques et de laisser la parole libre aux ONG, mais nous ne traitons
qu'avec des chefs d'Etat, dont la plupart ne représentent qu'eux mêmes,
en oubliant d'inviter lesdites ONG au sommet du Caire. Nous demandons
aux pays africains de laisser aux femmes une plus grande place dans la
société. Mais nous devrions commencer par instaurer la parité chez nous
! Faut-il rappeler que certains pays de l'UE comptent moins de 10% de
femmes dans leurs assemblées nationales…Nous réclamons aux pays africains
des cessez-le-feu. Mais nous attisons ce feu, par nos exportations d'armes
fournies aux belligérants.
Surtout, tant que l'Union Européenne ne se donnera pas les moyens de faire
appliquer les accords, pour la délivrance des licences obligatoires pour
la production de médicaments permettant de lutter contre la pandémie du
SIDA, il restera du domaine du vœux pieux d'espérer une progression de
l'économie africaine. En effet, comment voulez-vous qu'un pays qui voit
un quart de ses jeunes mourir tous les ans à cause du SIDA puissent espérer
avoir une économie florissante ?
Encore une fois, et comme nous l'avons déjà dit, il faut que l'Union
et les Etats membres mettent en cohésion déclarations et pratiques. Pendant
que nous hésitons, pendant que nous discutons, c'est l'Afrique qui meurt.
Transnational n° 4
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Brèves du
n° 4 (avril 2000)
Sénégal
Aux élections présidentielles du 19 mars 2000, l'opposant historique Abdoulaye
Wade a été élu dans une grande liesse président de la République. Soutenu
par une grande coalition il a permis ainsi la première alternance démocratique
au Sénégal depuis l'indépendance, mettant fin à 40 ans de règne corrompu
du Parti Socialiste de Léopold Senghor et du président sortant Abdou Diouf.
Celui-ci avait pourtant modifié la Constitution pour pouvoir se présenter
une troisième fois, mais rien n'y a fait, la volonté de changement était
trop forte, et l'usage par les radios de téléphones portables, qui communiquaient
en direct les résultats de chaque bureau de vote à l'antenne, a rendu
impossible une centralisation truquée des résultats. Même si Abdoulaye
Wade, grand ami de l'ultra-libéral Alain Madelin, plusieurs fois ministre
d'Abdou Diouf, et acoquiné à des pontes dissidents du PS, n'inspire guère
plus de confiance que le François Mitterrand de 1981, il devra toutefois
tenir compte de la pression populaire. Les Verts du Sénégal, créés en
1999 ne présentaient pas de candidat. Ils ont salué ce "sopi" ("changement"
en wolof) et entendent participer aux prochaines législatives, forts du
soutien du célèbre groupe Touré Kounda.
Guinée Bissau
Et voici un troisième Ministre Vert en Afrique ! Après l'entrée de deux
Verts au gouvernement du Burkina-Faso en novembre 1999, c'est au tour
de Bubacar Djalo, président des Verts de Guinée-Bissau, qui a été nommé
Ministre du Commerce, en février 2000, par le nouveau président Coumba
Yala. Bubacar Djalo, qui avait recueilli 3,24 % des voix au premier tour
de l'élection présidentielle du 28 novembre 1999, avait activement appuyé
Coumba Yala pour le deuxième tour, contribuant à réussir la première alternance
depuis l'accession de ce pays à l'indépendance en 1975. Si les Verts de
Guinée-Bissau (Liga Guineense de Protacçao Eccologica-LIPE) ont échoué
le 28 novembre à obtenir le moindre député -ils avaient obtenu les deux
premiers députés Verts d'Afrique en 1994- la nomination de Bubacar Djalo
sonne malgré tout comme la reconnaissance de leur très réelle implantation
dans le pays.
0,22% de l'aide française au développement pour les secteurs sociaux
comme l'éducation de base et la santé primaire
Tel est le chiffre donné par l'OCDE dans le dernier rapport de son Comité
d'Aide au Développement divulgué le 14 mars. Pas de doctrine du développement,
clientélisme politique, réforme institutionnelle n'ayant rien changé,
aide liée à la fourniture de biens et services français, saupoudrage dans
plus de 140 pays, aide en diminution constante : les critiques de l'OCDE
sont sévères. Au Caire, la France vient d'annoncer qu'elle effacera les
dettes publiques des pays africains les plus pauvres. C'est bien mais
on aimerait un audit pour savoir où est passé l'argent. Et les créances
du secteur privé sont nettement plus importantes. Dans ce domaine également
la France de gauche ne fait pas beaucoup mieux que celle droite.
Philippe Vicherat
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Lettre ouverte
aux membres de
la commission mixte France-Djibouti
Le texte qui suit est important : pour la première
fois, des députés issus de tous les groupes parlementaires de la majorité
plurielle saisissent l'occasion d'une commission mixte d'attribution
de subventions à un Etat africain francophone pour appeler au contrôle
de l'Assemblée nationale sur la politique africaine de la France.
Pour la première fois, l'aide au développement est mise en question par
les élus qui votent par habitude, chaque année, le budget de la coopération
dans l'opacité la plus totale. Il faut pouvoir transformer l'essai maintenant
et imposer la transparence sur cette politique.
Paris, le 9 décembre 1999
Lettre ouverte aux membres de la commission mixte France-Djibouti
Madame, Monsieur,
La commission mixte France-Djibouti dont vous faites partie se réunira
le 13 décembre. A cette occasion, il est important de rappeler la situation
à Djibouti et de réfléchir aux conséquences de l'aide française dans ce
pays.
La situation est dramatique depuis plusieurs années et le conflit dans
le nord du pays ainsi que l'étendue de la corruption et des détournements
sont considérables. La situation judiciaire est également extrêmement
préoccupante, des grèves de la faim sont en cours et le Ministère de la
Justice français (Direction de l'Administration Pénitentiaire) a même
établi un rapport, en août 1999, en coopération avec la Fédération Internationale
des Droits de l'Homme et l'Observatoire International des Prisons sur
les conditions de détention dans ce pays.
Les liens de la France avec Djibouti sont forts. Or, de très graves violations
des Droits de l'Homme y sont perpétrées. C'est pourquoi, nous, parlementaires
de la gauche plurielle, en appelons à la responsabilité des membres de
la Commission Mixte, afin qu'ils tiennent compte de la situation.
Une résolution du Parlement européen du 7 mai 1999 sur la situation des
Droits de l'Homme à Djibouti rappelle que Djibouti est signataire de la
Convention de Lomé, qui stipule, dans son article 5, que l'aide au développement
est subordonnée au respect et à la jouissance des droits et libertés fondamentales.
Aussi, nous vous suggérons de prendre en considération les moyens que
vous jugerez opportuns pour :
- assurer la transparence de l'aide française ;
- vérifier qu'elle ne soit pas détournée à l'avenir ;
- poser la question de l'opportunité de cette aide dans un pays engagé
dans une guerre meurtrière.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées.
Marie-Hélène Aubert (Les Verts) -
Jean-Claude Lefort (PCF)
Noël Mamère (Les Verts) - Jean-Pierre Michel (MDC)
Arnaud Montebourg (PS) - Chantale Robin-Rodrigo (PRG)
Transnational n° 3
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Collectif "Total-Elf ne fera
pas la loi en Afrique" et marée noire
La marée noire intervenue depuis fin décembre
sur les côtes bretonnes a apporté une preuve supplémentaire de la politique
irresponsable et sans scrupules des compagnies pétrolières Total, Fina
et Elf. Le collectif "Total-Elf ne fera pas la loi en Afrique"
a très tôt publié un communiqué de presse (28 décembre 1999) pour montrer
le lien direct entre cette nouvelle catastrophe écologique et la politique
de la recherche du profit à tous prix de ces compagnies : " (…) Derrière
l'Erika, il faut dénoncer toute la logique d'un secteur qui a pris l'habitude
de travailler dans l'opacité et dans une relative absence de contraintes
juridiques ; une filière qui mène une politique de quête effrénée du
profit, au détriment des droits humains les plus élémentaires, et de
l'environnement. Ainsi au Congo-Brazzaville et en Birmanie, Total-Fina-Elf
engraisse des régimes corrompus et sanguinaires et ponctionne les richesses
naturelles de ces pays sans se soucier des bénéfices pour les populations.
Qu'il s'agisse de forage ou de transport, l'ensemble de la chaîne d'activité
des compagnies pétrolières s'exerce dans une zone de quasi non-droit,
où seul compte la rentabilité. Le naufrage de l'Erika met en évidence
les risques liés à cette absence de régulation et de transparence qui
règne dans ce secteur. (…)
Le collectif "Total-Elf ne fera pas la loi" demande que les mesures
préconisées par [le rapport de la mission parlementaire présidée par
la député verte Marie-Hélène Aubert] soient appliquées, que soit mis
en place un contrôle des transports pétroliers, que les associations
et les syndicats puissent être associés à ce contrôle. Il demande que
la direction de Total-Fina prenne ses responsabilités et finance la
dépollution de la marée noire causée par le naufrage de l'Erika".
Le samedi 5 février a eu lieu une journée nationale d'action à l'appel
du "collectif Marée Noire-Boycott Total" (dont font partie Les Verts).
A Paris, parmi les cortèges qui s'animaient devant la tour Total à la
Défense, se trouvaient quelques militantes de l'association Pelican-Brasil,
distribuant des tracts expliquant les ravages d'une autre marée noire,
en ce moment même, au large de Rio de Janeiro et de la réserve naturelle
de Guapimirim, provoquée par la rupture d'un oléoduc de la Pétrobras,
pour les mêmes raisons d'économies de bouts de chandelles…
Transnational n° 3
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Un Colloque
pour la Paix au Congo (RDC)
À l'initiative du "Comité International pour la
paix et la réconciliation au Congo Démocratique", s'est tenu le samedi
15 janvier 2000, à l'Assemblée Nationale, le colloque "Paix
et réconciliation en République Démocratique du Congo". Plus de
250 personnes ont pris part à cette rencontre.
Le Congo, il y a lieu de le rappeler, est en guerre depuis juillet 1998.
Pas moins de sept pays africains sont impliqués dans ce conflit : l'Angola,
la Namibie et le Zimbabwe qui interviennent à l'invitation du Gouvernement
congolais, dirigé par Laurent KABILA dont l'armée se bat contre deux
fractions rebelles, le RCD et le MLC, soutenus par le Rwanda, le Burundi
et l'Ouganda. Cette guerre a conduit à une partition de fait du territoire
congolais et depuis octobre 1999, les accords de paix, signés par les
belligérants à Lusaka, sont toujours dans l'impasse.
Intervenant dans le cadre des amis du Congo, Patrick Farbiaz, responsable
du Groupe Afrique de la Commission transnationale des Verts, a insisté
sur l'importance du Dialogue inter congolais qui, de son point de vue,
doit avoir lieu entre tous les partis politiques, les forces militaires
en présence et la société civile. Il s'est par ailleurs exprimé en faveur
du départ, du Congo, de toutes les forces étrangères ; pour permettre
aux congolais de résoudre leurs problèmes. P. Farbiaz s'est également
déclaré favorable, à l'idée d'une conférence internationale sur les
Grands Lacs.
Ruffin Mpaka
Transnational n° 3
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Brèves du
n° 3 (février 2000)
Congo-Brazzaville "Dialogue pour la Paix"
Suite au colloque organisé à l'Assemblée nationale sur le Congo-Brazzaville
"Dialogue pour la Paix" en novembre dernier, s'est tenue une Assemblée
Générale Constitutive de la Fédération Congolaise de la Diaspora (FCD),
le samedi 22 janvier. La FCD est soutenue par les députés Verts et la
commission transnationale. Elle regroupe de nombreuses associations congolaises
et cherche à proposer une alternative de paix au Congo.
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Pour un dialogue de paix au
Congo-Brazzaville
Paris-Assemblée nationale - 15 novembre 1999
Honorables invités, Mesdames, Messieurs, chers amis,
En tant que responsable du Groupe de Travail Afrique des Verts, je souhaite
tout d'abord à tous les invités venu de toute la France pour participer
à cette rencontre une très cordiale bienvenue.
Nous comptons sur votre indulgente bienveillance et votre compréhension
si vous avez à souffrir de quelque défaillance en matière d'accueil
et pendant le déroulement de nos travaux.
Nous saluons l'ensemble des participants à cette rencontre et les remercions
vivement de l'intérêt qu'ils ont porté à notre initiative. Nous souhaitons
que les conclusions des échanges de cette journée soient à la hauteur
des aspirations de tous.
Je voudrais commencer par remercier tous ceux qui, d'une manière ou
d'une autre, ont aidé à la réalisation de cette journée : tout
d'abord les députés Verts qui nous ont permis de nous réunir ici à l'Assemblée
nationale, Éléonore Bassop qui a été la cheville ouvrière, l'âme de
cette rencontre. Enfin toutes les associations avec qui nous avons organisé
le programme de cette journée. Cette collaboration sur un pied d'égalité
entre associations africains et les Verts français est un choix politique
délibéré. sur lequel je reviendrais.
Chers amis, je vous demande de vous lever pour une minute de silence
en mémoire des victimes de la guerre du Congo, de toutes les victimes,
celles de la guerre de 1997, celles d'aujourd'hui et ce quels qu'en
soient les, auteurs, quelqu'en soient les responsabilités des uns ou
des autres. Pour les 2 jeunes guinéens morts, dans les soutes d'un avion
cet été, simplement parce que poussés par la misère, ils avaient décidé
de rejoindre par tous les moyens l'Europe. Ils symbolisent le désarroi
dans lequel le continent africain est laissé. Ils symbolisent la résistance
des sans-papiers dont certains se sont suicidés dans le silence ces
derniers mois.
Chers amis, le Congo-Brazaville est ravagé par la guerre civile. Les
tueries organisées, les violations massives des droits de l'homme, touchent
la capitale comme le sud du pays. En France, à part quelques ONG (ACAT,
Cimade, Amnesty, Survie…), et la pétition lancé par Témoignage Chrétien
et Réforme signée par de nombreuses personnalités, un silence coupable
jette une chape de plomb sur une situation où pourtant la France n'est
pas exempte aujourd'hui comme hier de responsabilités directes. Après
le rapport de la mission parlementaire sur le Rwanda, les informations
devraient pourtant inciter ceux qui, à l'époque déjà se turent, à une
vigilance fondée sur la prudence sinon sur le courage. Au début de l'année
1999, une répression impitoyable a touché les 200 000 habitants des
quartiers sud de Brazza, Bacongo et Makélélé sur la base de leurs appartenance
ethnique. Viols, pillages systématiques, mutilations sont attestés par
de nombreux témoins. Les responsabilités, il faut le souligner ne sont
pas univoques mais partagés. C'est dans ce contexte de crise que nous
avons en tant que groupe de travail Afrique des Verts décidé de proposer
une initiative pour un dialogue de paix qui a débouché sur ce colloque
coorganisé par les Verts et le Comité de pilotage regroupant une quarantaine
d'associations congolaises. Il a été pendant trois mois l'objet d'une
intense préparation qui a permit de dépasser les incompréhensions, de
préciser les convergences autour d'une charte qui sera adopté aujourd'hui
après avoir été amendé par les associations présentes. Cette démarche
démontre que par delà les divergences, une exigence monte des tréfonds
du peuple congolais, l'exigence de la paix. Oui les congolais en ont
assez de la guerre, assez des exactions, assez des massacres, assez
des morts, assez des pillages, assez de la misère. Ils en ont assez
des seigneurs de la guerre qui font régner la terreur dans les quartiers
de Brazza et les villages. La population ressent la guerre comme une
torture sans finalité autre que l'enrichissement des hommes du pouvoir
et la survie des milices. Il est temps d'arrêter l'hypocrisie et les
tartufferies de ceux qui à Paris laisse faire les tueurs de Brazza.
Halte au feu ! La peau d'un congolais vaut celle d'un Kosovar, d'un
bosniaque, d'un Timorais ou d'un tchétchène. C'est pourquoi ce colloque
n'est pas une réunion comme les autres. Il ne s'agit pas de discuter
doctement de la situation du Congo. Il ne s'agit pas non plus de faire
un meeting anti-Sassou, anti-Kolélas ou anti-Lissouba. Il s'agit de
rechercher ensemble les voies et les moyens de la paix. Si les Verts
ont pris l'initiative de cette rencontre fraternelle, c'est qu'ils sont
partisans en toute circonstance de rechercher les moyens de prévention
et de résolution des conflits, qu'ils sont pour la méthode de la non-violence,
non par angélisme mais parce que le pouvoir du fusil ne règle rien au
fond en Afrique et ailleurs, parce que le pouvoir imposé par le fusil
entraîne l'impunité, le désir de vengeance, parce que la culture du
fusil et de la guerre entrave la démocratie et empêche le pays de se
développer.
Nous ne sommes pas des donneurs de leçons mais nous voudrions formuler
ici quelques remarques tirées de l'expérience des Verts en matière de
politique africaine depuis deux ans.
Chacun doit commencer à balayer devant sa porte : Les Verts l'ont fait
depuis qu'ils sont à l'Assemblée. Le Congo-Brazaville est depuis trop
longtemps sous la domination des 3 E : l'Etat major, l'Elysée ; Elf.
Dés juin 1997 Le Canard Enchaîné révélait l'action d'Elf dans la guerre
du Congo-Brazzaville et notamment dans le transit des armes, qui en
équipant les combattants de Brazzaville, ont provoqué la mort de plus
de dix mille congolais durant l'été 1997. Suite à ces événements, les
députés Verts ont demandé la constitution d'une commission d'enquête
parlementaire, non pas sur les scandales actuellement traités par la
justice, mais sur un volet beaucoup moins connu : l'Afrique, domaine
"d'action" privilégié de la société Elf, bras armé d'une politique marquée
depuis des décennies par le secret et les magouilles de tous ordres.
Pour appuyer cette démarche, nous avons lancé une collectif "Elf ne
fera pas la loi en Afrique" avec le Cedetim et de nombreux mouvements
africains et français. Cette campagne a débouché sur la constitution
d'une "mission" sur "le rôle des compagnies pétrolières dans la politique
internationale et leurs conséquences sociales et environnementales",
présidée par la député verte Marie-Hélène Aubert. Cette mission a rendu
public son rapport le 13 octobre dernier. Elle a démontré les responsabilités
de Elf dans cette guerre. Le Collectif Elf a également organisé un Tribunal
Permanent des Peuples à l'Assemblée Nationale mettant en accusation
l'entreprise multinationale. Si nous balayons devant notre porte il
faut que les congolais le fassent aussi : A l'exception notable du Président
Pascal Lissouba, aucun congolais n'a souhaité témoigné devant la Mission
d'enquête parlementaire. Où étaient les ministres des finances, du pétrole
et autre directrice de cabinet. Tous savent que dans l'immigration congolaise,
si pauvre, certains continuent de s'enrichir, publient de luxueuses
revues, préparent leur retour au pays pour bénéficier de la politique
du ventre. Nous avons, nous Verts français pris nos responsabilités
face à nos multinationales et aux autorités françaises, que les forces
politiques et associatives congolaises prennent les leurs !
Deuxième remarque : Les verts n'ont jamais choisi entre Kolelas, Lissouba
ou Sassou, représentants de la vieille garde politicienne. Pendant la
guerre de 1997, nous n'avons pas pris et ce malgré les pressions, position
pour l'un ou pour l'autre des belligérants estimant qu'à des degrés
divers, ils étaient tous responsables des malheurs de leur peuple et
tous dépendants de la société Elf. Surtout nous estimons que tous instrumentalisent
et attisent les contradictions ethniques qui existent dans le pays.
De ce point de vue nous demandons aux frères congolais de ne pas pratiquer
la langue de bois, de reconnaître au delà des mots la réalité de la
guerre civile organisée autour de trois pôles : le bloc nordiste dominé
par les Mbochis dirigé par Denis Sassou Nguesso ; le Pool, la zone sud
où vivent les Kongos, marginalisés durant les deux décennies de régime
PCT représentée par Bernard Kolelas ; le Nibolek région créée institutionnellement
formés par les régions du Niari, de la Bouenza et de la Lekoumou rassemblée
autour de la mouvance présidentielle de Pascal Lissouba. On trouvera
toujours des exemples de personnes, d'exceptions pour infirmer cette
règle mais la réalité est là, les Zoulous, les Ninjas, les Cobras se
font une guerre pour imposer la politique de leur leaders sans projet
politique national autre que celui de la main-mise sur le pouvoir pour
son propre clan. La réalité est là : des milliers de jeunes urbains
de Brazza, jeunes chômeurs sans perspectives ont été enrôlés dans les
milices et ne connaissent que la culture de la mort. C'est pourquoi
cette guerre absurde peut durer longtemps, plus longtemps qu'au Liban
où la guerre des milices du s'arrêter à cause de la situation géopolitique
du Liban pris entre Israël et la Syrie. A part les pétroliers qui une
fois leurs gisements protégées de Pointe-Noire se lavent les mains du
sang des congolais, le Congo-Brazzaville n'intéresse plus personne.
Si les Congolais ne prennent pas leurs affaires en mains, personne ne
le fera à leur place.
La troisième remarque c'est que nous avons affaire à une crise régionale.
Là aussi l'implication des Etats étrangers sent bon le pétrole. Du Gabon
de monsieur Bongo lié par alliance à Denis Sassou N'guesso à l'Angola
qui sous le prétexte de protéger son pays est devenu le bras armé d'Elf
dans la région, tous les pays de la région interviennent peu ou prou
dans les affaires intérieures de la République du Congo. La RDC et le
conflit des grands lacs ne sont pas loin et il y a une interdépendance
entre les situations qui si elle implique une multilatéralisation des
négociations, nécessite le départ de toutes les forces étrangères des
territoires concernés conformément à la résolution n° 867 du 29 octobre
1997 de l'ONU.
Quatrième remarque : Les Verts sont pour un processus de paix impliquant
le dialogue entre adversaires. Les jeunes générations en prenant en
main le processus de réconciliation remplaceront progressivement les
caciques et les seigneurs de la guerre. C'est pourquoi il faut s'engager
résolument dans le processus de paix en y mettant l'énergie nécessaire,
en y consacrant autant d'énergie que dans la paix. C'est pourquoi il
faut contraindre les belligérants de s'asseoir à la table des négociations
sous la médiation de la Communauté internationale avec l'active participation
de la société congolaise. Le dialogue de paix n'est ni un chèque en
blanc pour l'impunité, ni l'absence de mémoire. Il est la condition
politique pour que s'ouvre une ère nouvelle. Un processus de paix n'est
pas gagné d'avance. Mais il ne peut se faire dans un premier temps qu'avec
la reconnaissance mutuelle entre adversaires et une forte volonté politique
d'aboutir. Si cette réunion peut y contribuer, si elle peut permettre
à ce qu'une médiation s'enclenche les Verts seront heureux d'avoir participé
à cet effort de réconciliation et d'unité nationale.
Enfin quelques mots sur l'attitude de notre pays, la France. Que fait
la France ? Non seulement elle se tait mais, dés l'automne 1997, les
plus hautes autorités françaises ont renoué avec le gouvernement issu
de la guerre sans aucune garanti sur le respect des libertés démocratiques
et des droits de l'homme. A l'automne 1998, l'ambassadeur de France
au Congo, M. Hervé Bollot a fait don de 71 véhicules destinés à transporter
des troupes à l'armée congolaise, tandis qu'en Novembre Charles Josselin
le Ministre de la Coopération lors de sa visite au Congo remettait 500
millions de Francs Cfa non remboursables destinés à relancer la coopération
officielle avec Sassou. En juillet dernier Jacques Chirac selon la lettre
du continent aurait même demandé à Michel Camdessus directeur du FMI
d'intervenir pour que le Congo soit désormais considéré comme pacifié.
Les officines diverses de Pigasse, (qui a publié un ces jours ci une
feuille de chou infâme titré : "l'énigme Mamère"), Attali, Saussez prospèrent
sur le dos du peuple congolais en faisant des campagne de publicité,
du lobbying intense et de la désinformation systématique.
La France dans cette affaire est responsable et coupable. Elle continue
de fait ce qu'elle fait depuis des décennies dans l'afrique francophone.
La France arme depuis des décennies des dictateurs et des généraux qui
retournent leurs fusils contre la démocratie. Les ventes d'armes pèsent
aussi sur le type de développement économique. L'Afrique noire francophone
a été le champ clos privilégié des réseaux qui à droite comme à gauche
ont trouvé là des sources de financements, des terrains d'expérimentation,
des alliés où ils ont pu appliquer à grande échelle depuis les années
soixante, leurs soifs de conquêtes et leurs délires d'empires au nom
de la grandeur de la France Le maître d'œuvre de ces réseaux a été Jacques
Foccard. Cet âme damnée du Général De Gaulle a su constituer son pré-carré
en chasse gardée d'un groupe d'hommes français et africains qui au nom
de la lutte contre l'influence anglaise et américaine n'a eu de cesse
de faire main basse sur l'Afrique. L'Etat jacobin a été importé en Afrique
de façon brutale et mécanique. Les Etats coloniaux ont découpé autoritairement
des frontières sans tenir compte des réalités historiques, ethniques
et géographiques. Ils ont ainsi généré des nationalismes bellicistes
et particularistes. Nous avons mis en place des gérants stipendiés,
formés dans nos écoles et encadrés par des envoyés très spéciaux, le
tout dirigé d'une main de fer à partir de l'Elysée. Cette période visiblement
se termine. Il n'y a plus un centre mais des centres. L'économique se
sert du politique. Elf se sert de l'Elysée. Pourtant si les réseaux
mutent et se modernisent, l'objectif demeure. L'Afrique doit rester
un coffre-fort pour nos entreprises, un moyen de financement pour nos
joutes politiques, une poubelle pour nos déchets, un terrain de chasse
et de loisirs pour nos dirigeants, un champ de manœuvres pour notre
armée, une base arrière pour nos maffieux.
Le cas d'école du Congo est l'occasion où jamais pour la classe politique
française d'assumer ses responsabilités à l'égard de l'Afrique. La "FrançAfrique"
échappe depuis trop longtemps à tout contrôle de la représentation nationale.
Il faut restituer ce pouvoir de contrôle parlementaire aux élus du peuple
sur la politique africaine de la France. C'est pourquoi les Verts et
leurs députés sont heureux de vous accueillir dans cette maison l'Assemblée
nationale qui est votre maison, la maison du peuple, la maison des peuples
libres.
Le Congo est un pays de 3 millions d'habitants doté d'une richesse pétrolière
telle qu'il devrait vivre dans l'opulence. La responsabilité de ce gâchis
incombe à tous ; aux responsable français, à la classe politique congolaise
incapable de se dégager de la corruption et du clientélisme, de l'intolérance
et de l'ethnicisme. C'est au peuple du Congo de savoir s'il veut lui
même redresser le pays, de sortir des ornières du passé, et de préparer
le pays au passage du troisième millénaire. N'abandonnons pas le Congo
et les congolais aux mains des rapaces, des affairistes, des lobbies
politico-pétroliers qui arment les milices de la mort. Rejetons nos
illusions et préparons nous à la paix. Comme le dit le grand artiste
Tabu Ley dans sa chanson "Démocratie" : "Nous avons perdu tout le temps
pour des querelles entre dirigeants ; Ils se disputent le pouvoir et
laissent le peuple crever de faim… vraiment les dirigeants de ce pays
n'aime pas le pays, la cloche sonne, voici venu le temps. La puissance
et le pouvoir d'un pays C'est le peuple. Et le dernier mot appartient
au peuple Seul". Je vous remercie de votre attention.
Patrick Farbiaz, responsable du Groupe de Travail Afrique des Verts
Transnational n° 2
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Brèves du
n° 2 (décembre 1999)
Carnet vert pomme
Centrafrique
3 novembre : C. Fédérovski et G.K. Mahoutou reçoivent Laurent Avit Bokonas,
qui les informe de la légalisation mouvement des Verts Centrafrique (M.V.C).
Naissance à suivre !
Côte d'Ivoire
12 octobre : Création du parti des Verts de Côte D'ivoire avec pour président
Dramane Touré, membre depuis dix ans du réseau des ONG de Biodiversité
de Côte d Ivoire. Ils envisagent de participer aux prochaines élections
nationales dès 2000.
Afrique du Sud
ce printemps est né un parti vert : le Governement by the people - Green
party - bonne Chance.
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Le pétrole c'est la guerre
ELF : Au Congo et en Angola, Elf a favorisé
la succession de guerres civiles qui depuis 1997 a entraîné des milliers
de morts.
Au Tchad et au Cameroun, l'oléoduc construit par Elf, Exxon et Shell
s'est fait au prix de déplacements et d'exactions contre les populations.
Au Gabon, Elf avec le dictateur Omar Bongo est le pilier de la corruption
en Afrique, notamment à travers la FIBA, banque gérée par Elf au profit
exclusif de la famille Bongo.
TOTAL-FINA : En Birmanie, Total-Fina soutient une narco-dictature
militaire. Elle a investi 1,2 milliards de dollars pour la construction
d'un gazoduc : le projet Yadana. Par ce contrat, la firme est "le plus
fort soutien du système militaire birman" selon Aung San Suu Kyi, Prix
Nobel de la Paix et porte-parole de l'opposition birmane. Ce projet
vise à rapporter au pouvoir militaire entre 150 et 400 millions de dollars
de revenus annuels.
En Iran, Total-Fina cautionne par sa présence le régime des ayatollahs.
En Algérie, depuis plusieurs années, Total-Fina gère la rente pétrolière
au bénéfice de l'oligarchie militaire qui fait tout pour défendre les
champs pétroliers et laisse sans défense sa population.
En Amérique latine, dans le Caucase, en Indonésie, en Afrique, Total
et Elf protègent leurs investissements au mépris des droits des peuples
et de la personne humaine. Pour toujours plus de profit, ces entreprises
génèrent plus de misère dans les pays producteurs comme elles suppriment
des emplois en France dans le cadre de leurs restructurations.
Le collectif "Total-Fina-Elf ne fera pas la loi" et les organisations
associatives, syndicales, politiques, appellent à une mobilisation citoyenne
pour qu'à l'occasion de cette fusion soit mis fin à ces pratiques. Elles
demandent :
- au Président de ce nouveau groupe, M. Thierry Desmaret, de s'engager
dans une politique de transparence et d'initier un dialogue constructif
avec les ONG de droits de l'homme et les organisations citoyennes.
- au pouvoirs publics d'intervenir pour contrôler les agissements du
nouveau monopole pétrolier français.
- aux actionnaires et aux salariés de la société Total-Fina de s'informer
et de demander des comptes sur les pratiques politiques, financières,
sociales et environnementales de l'entreprise.
A la veille des négociations de l'OMC, l'Organisation Mondiale du Commerce,
l'exigence citoyenne doit s'amplifier pour que les droits des peuples
et les droits humains passent avant la logique de profit des multinationales.
POUR UNE CHAINE HUMAINE CONTRE L'OPPRESSION ENTRE LES TOURS TOTAL
ET ELF
RDV VENDREDI 15 OCTOBRE 1999 à 14h
sur le Parvis de la Défense devant l'arche de la Défense,
M° la Défense
Transnational n° 1
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Brèves du
n° 1 (octobre 1999)
Appel pour un contrôle citoyen des activités
de Total-Fina-Elf
Le 15 octobre 1999, l'Assemblée Générale extraordinaire des actionnaires
de Elf entérinera la fusion entre Total-Fina et Elf pour créer le quatrième
géant pétrolier mondial et par là même la première entreprise française.
Total-Fina et Elf sont présent dans de très nombreux pays depuis des décennies :
- Elles interviennent dans la vie politique et économique des pays concernés
- Elles cautionnent des régimes responsables de violations massives des
droits de l'homme
- Elles alimentent et parfois encouragent les circuits de corruption dans
les pays où elles opèrent
- Elles contribuent à la destruction de l'environnement.
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LA POLITIQUE AFRICAINE DE
LA FRANCE
DE JUIN 1997 A FEVRIER 1999
1 Compte-rendu du colloque à l'Assemblée
Nationale le 24 février 1999 à l'invitation des députés Verts
Après une introduction de Patrick Farbiaz présentant les activités du
groupe Afrique de la Commission Transnationale des Verts, dans la lignée
des leaders de l'Afrique indépendante en passant par René Dumont (Collectif
"Elf ne doit pas faire la loi en Afrique", manifestation face au Sommet
franco-africain, etc) on aborde le matin le bilan de la Coopération.
6 Africains se succèdent, parfois un peu langue de bois, dont Landing
Savane, vice-président de l'Assemblée nationale du Sénégal, et Ram Ouedraogo,
qui fut candidat écologiste à la présidentielle du Burkina. Marie-Hélène
Aubert conclut en présentant la récente réforme de la Coopération française,
sa mission parlementaire sur les compagnies pétrolières. Elle se prononce
contre le commercialisme des diplomates, le non-conditionnement de l'aide.
Un kurde intervient alors pour demander une conférence internationale
sur le problème kurde.
Le thème de l'après-midi était: les rapports politiques entre la France
et l'Afrique. Il est présenté par Ahmed Dini, ancien premier Ministre
de Djibouti.
Etienne Le Roy, membre de l'Observatoire permanent de la Coopération
française, nous explique que le Ministère de la Coopération ne s'est
pas encore remis de sa réorganisation. Le Tchadien Djimadoun affirme
que la France dépend de l'Afrique pour de nombreux minéraux, demande
le retrait des bases militaires françaises et l'arrêt des ventes d'armes.
M. Abel Goumba, président d'un parti centrafricain, plaide pour un programme
d'ajustement politique, en place du programme d'ajustement structurel.
L'écrivain camerounais Mongo Beti se plaint du manque de civilité de
certains participants au colloque et remarque que certains opposants
étudiants d'antan sont devenus des opposants…à la démocratie.
Daniel Cattelain, collaborateur de Noël Mamère, présente son action
pour les Comores, suite au colloque tenu à L'Assemblée Nationale, en
dénonçant le fait que Charles Josselin ait entériné l'illégal Premier
Ministre de ce pays.
Perspectives et positions : Après une introduction de Didier
Claude, Tsigereda Waleligni, conseillère des Verts au Parlement européen,
présente le travail de ceux-ci, entre autres contre la dette et l'aide
liée. Wangari Maathaï, kenyane, prix Nobel alternatif, plaide pour le
travail de terrain et Ngardely Yorongar, député tchadien, contre la
prison !
CONCLUSIONS : Quelle politique africaine pour la majorité plurielle
?
Sami Naïr, du MDC, s'est excusé au dernier moment. Le PCF est sans doute
déstabilisé par l'influence grandissante des Verts dans le domaine international.
Le PS n'a toujours pas digéré la lettre un peu manichéenne l'invitant
à la manifestation face au Sommet franco-africain.
Se sont exprimés finalement: Jean-Paul Benoît, du PRG, qui est impliqué
dans les missions de dialogue dans 4-5 pays (à voir) et qui prône un
Comité d'action pour l'Afrique; et Noël Mamère: il dresse un bilan contrasté
de la situation, critiquant le fait que dans la zone des pays aidés
prioritairement se trouvent le Liban, l'Afrique du Sud la Côte d'Ivoire
et le Gabon.
Le colloque a rassemblé plus de 350 personnes, confirmant des liens,
au-delà de nos partenaires Verts, notamment avec le Collectif "Elf ne
doit pas faire la loi en Afrique", qui par ailleurs prépare une session
au Tribunal permanent des Peuples à Paris en mai.
La Commission Transnationale souhaiterait rencontrer les commissions
internationales des autres partis de la majorité gouvernementale pour
coordonner nos actions vis-à-vis de l'Elysée.
Peu d'intervenants à ce colloque avaient une vision stratégique, il
semble que le gouvernement n'en a pas encore d'explicite en ce domaine.
Les Verts vont-ils se convaincre que le partage doit être mondial ?
Philippe Vicherat
2. Discours de Noël Mamère : Quelle politique africaine
pour la majorité plurielle ?
Discours de clôture du colloque.
Je suis heureux de pouvoir intervenir dans ce colloque organisé par
les Verts de France et d'Afrique en collaboration avec une quinzaine
de mouvements politiques progressistes et démocratiques d'une dizaine
de pays.
C'est le résultat d'une convergence politique qui s'est affirmée ces
derniers mois sur les terrains de l'immigration comme sur ceux de la
politique africaine de la France, notamment à l'occasion de l'affaire
Elf ou du sommet franco-africain.
L'Internationale Socialiste n'est plus la seule alternative politique
proposée aux militants africains. Un autre choix est possible. La
réunion d'aujourd'hui le montre.
La conclusion politique d'un tel colloque est un exercice difficile,
surtout dans un contexte marqué par la dégradation de la situation dans
l'Afrique sub-saharienne, par une guerre impliquant une dizaine d'Etats
en République Démocratique du Congo, par les milliers de morts du Congo-Brazzaville,
par la montée des tensions ethniques dans de nombreux pays, par le dévoiement
des processus démocratiques, par le développement des inégalités.
Dans ce contexte, les responsabilités que la France assume à l'égard
du continent africain ne sont pas minces. Elles expliquent en partie
la dégradation du rayonnement de son image. La France, à tord ou à raison,
est considérée comme l'héritière de la Déclaration des Droits de l'Homme,
de la Révolution de 1789, et dans le même temps, elle méprise ceux qui
sont attirés par cette République des Lumières. La hache de Saint-Bernard,
les expulsions de sans-papiers bâillonnés et enchaînés, les centres
de rétention, la caution d'élections truquées, l'envoi de matériel militaire,
le manque de transparence, tout cela ne peut pas être mis au compte
des pertes et profits.
Pour autant je ne veux pas jouer ici au donneur de leçons de morale
à nos gouvernants. Il y a des choses qui ont progressé dans la bonne
direction. Un gouvernement de gauche, ce n'est pas la même chose qu'un
gouvernement de droite, et il faut reconnaître que dans le domaine de
la coopération, la volonté de passer de l'assistance au partenariat
est nette, de la part du gouvernement dans son ensemble.
La réforme de la coopération peut être considérée comme globalement
positive. Qui peut être contre une meilleure transparence de l'Aide
Publique au Développement (APD)? Qui peut être contre la simplification
et la mise en cohérence du dispositif institutionnel ? Qui peut être
contre l'institution des Zones de Solidarité prioritaires ? Qui peut
être contre la rupture avec l'idée de pré-carré africain ?… Pas moi,
en tous cas, qui dès septembre 1997 dans cette même salle à la réunion
de l'Observatoire Permanent de la Coopération Française préconisait
déjà une telle réforme.
La seule question qui se pose est celle-ci : cette réforme bien réelle
n'est-elle pas l'arbre qui cache la forêt de la Françafrique ? Si
nous ne prenons que le plan financier, les budgets concernés par la
réforme ne concernent que 25% tout au plus de l'ensemble de l'APD. La
réalité de cette aide continue à être absorbée par le paiement des salaires
des fonctionnaires et des militaires ou par le remboursement de la dette.
Plusieurs raisons expliquent notre pessimisme devant la réforme de la
coopération :
· Tout d'abord, nous connaissons les problèmes posés par la cohabitation,
notamment dans le domaine de la Défense et de la politique étrangère.
Nous savons l'importance qu'accorde le Président français à ce qu'il
considère comme son "domaine réservé". Nous ne confondons donc pas
la politique menée par le Président et celle du gouvernement de la France
dans ce contexte. Mais c'est précisément parce que nous ne les confondons
pas que nous ne restons pas muets face aux manquements de la France
dans le domaine de la politique africaine, considérée dans son ensemble,
comme face aux empiétements du Président de la République sur la réforme
de la Coopération.
Ce serait rendre un mauvais service à Lionel Jospin que de rester silencieux
devant le trucage systématique des élections dans un certain nombre
de pays d'Afrique francophone comme au Togo, comme en Centrafrique,
en Guinée ou au Gabon, sur la "démocrature" sans alternance au Sénégal,
sur le soutien à peine déguisé à Sassou N'Guesso, sur la politique d'Elf
dans laquelle sont représentés officiellement deux représentants de
ministères français.
Ce serait rendre un mauvais service à Charles Josselin que de rien dire
sur la sélection des pays de la Zone de Solidarité Prioritaire qui,
pour des raisons clientélistes et de compromis avec l'Elysée, inclut
des pays comme le Gabon ou la Côte d'Ivoire, pays riches, mais où la
corruption gouvernementale entrave le développement, ou des pays comme
l'Afrique du Sud ou le Liban, où l'Etat français veut visiblement aider
les entreprises privées à prendre des parts de marché et tailler des
croupières à ses concurrents. La Zone de Solidarité Prioritaire est
pourtant clairement définie dans la réforme du 4 février 1998 comme
"comprenant les pays les moins développés en termes de revenus et n'ayant
pas accès aux marchés des capitaux."
· L'autre raison de notre scepticisme, pour ne pas dire plus,
est le choix du dispositif de copilotage de la Réforme par le ministère
des Affaires Etrangères et par le Ministre des Finances. Nous estimons
qu'il aurait fallu un ministère du Développement, des Migrations
et des Droits de l'Homme pour tenir tête à Bercy, engager une stratégie
de lutte contre la pauvreté et l'apartheid planétaire. La coopération
risque de devenir une simple annexe du Quai d'Orsay. Un seul interlocuteur
doté d'un pouvoir reconnu aurait mieux valu que ce dispositif à deux
têtes diplomatico-financier.
· Mais, et ça ne milite pas vraiment en faveur de notre engagement
franc et massif derrière cette réforme, il est vrai que nous n'avons
pas été consultés. Le compromis sur la réforme de la coopération
s'est fait avec l'Elysée, au sein du PS mais sans le concours des Verts,
pourtant composante de la majorité plurielle. Les rapports Nord-Sud
étaient pourtant explicitement inclus dans l'accord Verts-PS. Nous regrettons
cette absence de consultation préalable. Est-ce parce que les Verts
ont continué sans faillir à dénoncer la domination des "Trois E", Elf,
l'Etat-Major et l'Elysée, et que notre voix a commencé à être entendue
au-delà des cercles parisiens que nous nous avons été exclus des discussions
? Nous souhaitons quant à nous des relations normalisées au sein de
la gauche plurielle sur cette question sans volonté d'hégémonie.
· Au-delà des réformes institutionnelles, il faut que la France
fasse un choix entre une coopération équitable, fondée sur le partenariat,
et une volonté de contrôler les régimes politiques militairement, politiquement
et culturellement. Là est la vraie question qui se pose. Et de ce
point de vue, nous ne voyons plutôt des signes de continuité dans le
domaine politique, diplomatique et dans le domaine cher à Sami Naïr
du Co-développement.
Dans le domaine politique, la cohabitation freine de manière décisive
toute expression forte. A part le cas du Maroc et de l'expérience
de Youssoufi, la stagnation est la règle. Après avoir soutenu Mobutu
jusqu'à son ultime souffle, rien n'a été fait pour jouer un rôle de
médiation dans la guerre en RDC. Au Congo-Brazzaville, entre les officines
de droite et de gauche, entre Attali et Saussez qui travaillent pour
Sassou N'Guesso, on ne peut pas dire que nous, Français, contribuions
à apaiser une situation qui se traduit, il faut le dire et le répéter,
par un début de génocide. Au Gabon, les réseaux de la Françafrique ont
envoyé leurs juristes cautionner les élections présidentielles. Rien
n'a été fait pour dissuader Bongo de continuer à jouer au parrain de
cet Etat pétrolier.
Nous pourrions continuer à égrener la litanie : Tchad, Cameroun, Togo,
Mauritanie… Tout change, peut-être, ici en tous cas, dans la politique
de coopération, mais rien ne change là-bas dans la politique tout court.
La raison n'en est-elle pas une certaine vision que la France a d'elle-même
à travers sa politique africaine ? N'a-t-elle pas encore le "complexe
de Fachoda" ? Ne voit-elle pas des complots anglo-américains là où il
n'y a que la volonté des peuples et en particulier des nouvelles générations
de s'émanciper ? Le choix de s'appuyer sur des sous-puissances régionales,
hier le Zaïre, aujourd'hui l'Angola, n'est-elle pas une vision à courte
vue, influencée par les lobbies pétroliers ou militaires ?
Ces questions, nous ne sommes pas les seuls à nous les poser. Il faudra
bien, si nous voulons éviter les errements du passé, déconnecter totalement
notre stratégie africaine du clientélisme qui unit traditionnellement
une partie de la classe politique française aux classes politiques des
pays d'Afrique subsaharienne, au nom de l'idéologie du maintien des
positions et des intérêts de la France. La République est respectée
là où elle apparaît respectable. Elle ne l'est pas là où elle se dévoie
au service de Elf ou de la COGEMA.
Enfin, quelques mots sur le co-développement. Nous assistons
à un véritable hold-up sur ce concept pourtant au cœur des préoccupations
des ONG et de tous ceux qui luttent pour un rééquilibrage Nord-Sud.
On veut, au nom d'une stratégie à long terme, régler un problème, les
sans-papiers, que l'on n'a pas su résoudre en prenant une mesure généreuse
et de bon sens : la régularisation de ceux qui en ont fait la demande.
Faute de lutter réellement contre le travail clandestin et ses employeurs
en France, on transforme le co-développement en simple guichet d'aide
au retour, baptisé "aide au projet", qui n'apparaît que comme saupoudrage
de projets plus ou moins individuels, sans cohérence avec le développement
local africain. Les termes employés dans le rapport ("flux, stock, mobilité
maîtrisée, contingents…") ont beaucoup ému nos amis africains, à juste
titre. Les Hommes ne sont pas du fret.
Pour autant, la notion de co-développement peut être revisitée, comme
l'a montré l'expérience de Marie-Christine Blandin à la Région Nord-Pas-de-Calais,
à partir du moment où l'on s'appuie sur la co-élaboration des projets
à l'échelle locale entre collectivités concernées, où on lie contrats
de développement privés et contrats de développement régional, où l'on
spécifie ce qu'est la notion de mobilité liée aux migrations qualifiantes…
Alors que nous abordons une échéance électorale importante, il est essentiel
de repenser la politique africaine de la France dans sa dimension européenne.
Je veux plaider ici pour une nouvelle alliance euro-africaine.
Cela suppose que le passage à l'Euro ne soit pas un simple jeu d'écriture
et que le Trésor Public français ne récupère pas le contrôle total de
ce qui était avant le franc CFA. Les dernières décisions prises à Bruxelles
montrent qu nous ne sommes pas partis dans la bonne direction. Pourtant,
nous ne voulons pas désespérer de l'Europe. La réforme de la DG VIII
chargée des questions de développement, celle du FED (Fond Européen
de Développement) comme la création d'une banque de développement européenne
indépendante pourraient donner l'impulsion nécessaire. Enfin, les accords
de Lomé dont il a été question plus haut dans le débat doivent être
considérés avant tout comme des accords politiques avec les pays ACP.
Ils ne doivent pas être un simple accord commercial respectueux de la
libéralisation et de la mondialisation, mais ouvrir au contraire une
véritable perspective de développement négocié entre partenaires qui
se sont choisis. Face à la loi de l'OMC, il faut défendre le droit
à des politiques commerciales équitables.
Mais instituer de nouvelles règles en Europe ne peut se faire sans
avoir balayé devant notre porte :
- la renégociation des accords de défense,
- l'instauration d'un contrôle parlementaire sur les services secrets,
- la ratification des textes des Nations Unies qui condamnent le mercenariat,
- la ratification des textes sur la Cour Pénale Internationale,
- l'audit de la destination des prêts publics consentis aux pays d'Afrique,
- l'arrêt du soutien aux dictatures
sont des mesures qui montreront notre volonté de rupture avec la politique
de Foccard et de ses héritiers.
Ce n'est pas le gouvernement Jospin, ni la majorité, fut-elle plurielle,
qui pourra imposer cette politique au Président de la République française
et aux réseaux de la Françafrique. C'est le rapport de force, la
mobilisation citoyenne ici et là-bas, le développement d'un mouvement
de solidarié internationale qui décolonise aussi bien l'Afrique que
la société française.
Noël Mamère
Transnational n° 0
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Brèves du
n° 0 (avril 1999)
Libéré ! : Tchad
Ngardely Yorongar, député fédéraliste tchadien emprisonné depuis le 3
juin 1998, a été libéré début février grâce à une importante mobilisation
internationale à laquelle les Verts ont largement contribué (interventions
de F. Duthu auprès du ministre des Affaires Etrangères depuis juin 1998,
puis de Noël Mamère à L'Assemblée). Rappelons que Ngardely Yorongar avait
été emprisonné à cause de ses accusations plus que crédibles sur le financement
du dictateur Idriss Deby et du général Kamoungué par ELF, pour prix de
la réintroduction de cette compagnie dans le consortium chargé de l'exploitation
des gisements pétroliers du Sud tchadien. Il avait également protesté
contre les conditions prévues pour cette exploitation, faisant fi des
intérêts de l'Etat, des populations locales et de l'environnement. Si
son incarcération l'avait empêché de participer au sommet des 7 pays les
plus pauvres (P7) organisé par le GVPE à Bruxelles en juin, Ngardely Yorongar
a en revanche pu assister au colloque sur la politique africaine de la
France organisé par les Verts à l'Assemblée le 24 février, ainsi qu'au
Congrès des Verts Européen de La Villette.
Sénégal
un nouveau parti vert est né, le 9 janvier 1999 : le "Rassemblement des
Ecologistes du Sénégal - Les Verts", a tenu son assemblée constitutive
à Thies. En juillet 1992, un "Parti Africain Ecologiste - Sénégal" (PAES)
avait été créé, déjà à Thies, par un professeur de linguistique, Aboubakry
Dia, qui peu après s'était présenté aux élections présidentielles de janvier
1993. Depuis, ce parti, co-fondateur des Verts d'Afrique, végétait un
peu. Parallèlement en effet, s'était créé, en 1992, un "Parti Ecologiste
Sénégalais-Les Verts", à l'initiative d'un groupe d'écologistes de Dakar
: Kader Wade, Samba Coulibaly… Fin 1998, 16 membres de la direction du
PAES ont démissionné, arguant de l'immobilisme de ce parti. C'est en rejoignant
le groupe de Kader Wade, et bien d'autres encore, comme Papa Meissa Deing
(ex-militant actif des …Verts-Strasbourg désormais professeur de droit
international de l'environnement à l'Université de Saint-Louis) que s'est
créé le RES-Les Verts .
Porte-parole et représentant en France : Assane Mbaye, 46, quai Malakoff
44000 Nantes.
Bonne Chance à eux !
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Collectif Elf
: une première bataille de gagnée
Il faut continuer au nom de la vérité
Elf a beaucoup d'amis mais n'aime pas ceux qui lui demandent des comptes.
C'est pourquoi elle avait assigné en référé le CEDETIM (Centre d'Etudes
et de Solidarités Internationales) et Noël Mamère, député Vert de la Gironde,
en leur demandant des sommes exorbitantes : 50000F par affiche ! Tout
cela parce que le Collectif "Elf ne doit pas faire la loi en Afrique"
a utilisé le logo commercial de la compagnie pétrolière pour mener une
campagne d'information.
Elf n'a pas fait la loi en France. Elle a perdu devant la justice qui
a voulu protéger la liberté d'expression et le droit d'informer librement.
C'est une grande victoire pour tous ceux qui se battent contre les puissants
lobbies avec pour seules armes : leurs convictions et leur détermination.
La lutte continue
L'opacité doit céder la place à la transparence et au contrôle de la rreprésentation
nationale et citoyenne. Le Collectif n'admet pas que les rapports entre
les peuples africains et français soient dictés par un groupe pétrolier
ou dépendent du "domaine privé" de la Présidence de la République.
Le Collectif mène actuellement une enquête citoyenne préparant la mise
en accusation de l'entreprise Elf en Afrique.
Extrait de l'appel du Collectif signé par plus de 60 organisations
"Les signataires de cet appel soutiennent l'action engagée par le collectif
d'associations franco-africaines afin que :
- la clarté soit faite sur le bilan de la politique de Elf en Afrique
et de ses liens avec la politique de l'Etat français. Ils se donnent comme
objectif de sensibiliser et de mobiliser l'opinion par tous les moyens
nécessaires. Entre autres, ils soutiendront la demande formulée par un
groupe de députés français demandant la création d'une commission d'enquête
parlementaire sur le bilan de l'action de Elf en Afrique ;
- qu'une assemblée publique soit organisée sur le rôle de Elf sur ce continent.
Elle sera un point d'appui pour rassembler, à l'occasion de l'anniversaire
de l'abolitionde l'esclavage, les associations françaises et africaines,
pour une autre politique africaine de la France et en soutien aux combats
des peuples pour une réelle émancipation politique, économique, culturelle
du continent africain."
Patrick Farbiaz
"Les
Verts Ecologie Afrique" n° 1 (bulletin
du GT Afrique)
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Brèves
de "Les Verts Ecologie Afrique" n° 1 (bulletin du GT
Afrique)
Vérité sur le Rwanda
Une mission d'information élargie aux responsabilités politiques Les
députés verts, comme les députés communistes, avaient demandé une commission
d'enquête sur les responsabilités de la France au Rwanda. Suite à la pression
conjointe de la presse, des associations et de cette partie de la majorité,
la commission de la défense s'était saisie du dossier dans un premier
temps. Notre action a visé à élargir la mission à la commission des affaires
étrangères, d'abord associée puis copilote pour examiner plus largement
le champ des responsabilités. La mission a auditionné de nombreux acteurs,
dont la plupart en séance publique, puisque de toutes façons notre présence
(muette mais attentive) n'aurait pas permis de garder de trop scandaleux
secrets d'Etat entre les murs feutrés de la salle d'audition. Pour en
savoir plus, suivez la presse, ce n'est pas fini…
L. Morosini
L'esclavage est un crime contre l'Humanité
Cette feuille paraît à un moment important. L'anniversaire du 150ème
anniversaire de l'abolition de l'esclavage une résonance particulière
pour les peuples d'Afrique noire, des Antilles, comme pour le peuple de
France. 150 ans après, l'Afrique noire est encore dépendante de ce qui
fut incontestablement un crime contre l'humanité suivi par un dépeçage
du continent par les colonisateurs. Cet héritage pèse encore et encore.
C'est pourquoi nous devons engager une campagne visant à ce que la France
reconnaisse sa responsabilité particulière dans l'esclavage en admettant
la notion de crime contre l'humanité.
P. Farbiaz
Comores
Les actes du colloque "Dialogue pour les Comores" consacré aux suites
de la crise ouverte par la crise ouverte par la déclaration unilatérale
d'indépendance anjouanaise l'été dernier, qui s'est tenu le 3 mars à l'Assemblée
nationale à l'initiative de Noël Mamère, viennent d'être publiés.
Le premier bilan qui s'impose est celui de la très forte participation
de la communauté des résidents d'origine comorienne: plus de trois cents
participants, représentants d'associations ou de partis politiques. Cette
large mobilisation et le niveau des débats, même si les échanges ont parfois
été vifs, ont montré que les Comoriens étaient capables de s'écouter,
de s'entendre et de se respecter. A l'issue du colloque, les Comoriens
résidant en France ont prouvé leur capacité à
se réunir et à s'organiser. On l'a vu, récemment,
au cours de l'épidémie de choléra. Ils ont aussi
montré leur maturité politique en se mobilisant massivement
après l'assassinat du jeune Ibrahim Ali. Ils le referont début
juin, lorsque le procès de ses assassins présumés
s'ouvrira à Marseille.
D. Cattelain
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